Marchés

Tout n’est pas une question de récession, assure Oddo BHF AM

Publié le 22 juin 2022 à 13h02

Après 4 mois particulièrement éreintants pour les nerfs des investisseurs, le marché est entré dans une phase de consolidation horizontale marquée par une volatilité toujours très élevée, observe Laurent Denize, Global CIO de Oddo BHF AM, dans son "Monthly Investment Brief de juin. Toute désescalade dans la guerre Russie Ukraine serait susceptible de soutenir l'appétit pour les actions européennes, estime-t-il.

Plutôt que d'élaborer des scénarios plus ou moins tangibles sur l'évolution du conflit, Laurent Denize se concentre sur les trois principaux catalyseurs qui pourraient redonner le goût du risque aux investisseurs.

Premier catalyseur : une baisse notoire de l'inflation entrainant une politique moins restrictive des banques centrales. Ce catalyseur paraît évident, tant le durcissement des conditions financières a déprimé les opérateurs, précise-t-il.

Deuxième catalyseur : une réaccélération de l'économie chinoise provoquée par une réouverture et un stimulus fiscal prononcé. Les bénéfices européens sont en effet très exposés à la croissance chinoise, à la fois directement par les revenus générés en Chine et indirectement par la chaîne d'approvisionnement, souligne Laurent Denize.

A ce titre, la réouverture progressive de Shanghai est une bonne nouvelle et les dépenses d'infrastructure récentes devraient contribuer à soutenir l'économie chinoise et par conséquent la consommation de produits européens.

Troisième catalyseur : un maintien des marges des entreprises déjouant les pronostics les plus sombres. Le consensus prévoit que le bénéfice par action des entreprises européennes augmentera de 13% en moyenne cette année et de 7,6% si l'on exclut les secteurs liés aux matières premières. C'est nettement plus qu'en début d'année où les anticipations se limitaient à une hausse de 7%.

Cependant tempère l'expert, la trajectoire récente de l'économie et surtout la mise en œuvre d'une politique monétaire moins accommodante nous rend plus prudents que le consensus.

Certes, si l'économie européenne ne tombe pas en récession forte, il y a une chance que la vague de dégradations attendues ne se produise pas, car la compression des marges pourrait être partiellement compensée par des revenus plus importants, conclut Laurent Denize. 

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