Sociétés

IEVA Group : le "Netflix de la beauté" lance son introduction en Bourse sur Euronext Growth

Publié le 12 mars 2026 à 11h00

  AOF

(Zonebourse.com) - La pépite française de la Beauty Tech, dirigée par l'entrepreneur chevronné Jean-Michel Karam (par ailleurs DG de MEMSCAP), ouvre son capital pour accélérer son déploiement international et consolider un modèle économique basé sur l'abonnement et la personnalisation des soins.

Certes, IEVA Group vend des cosmétiques et se présente comme un leader de la beauté personnalisée. Mais la particularité du groupe repose surtout sur sa promesse un peu magique, celle de la "Beautiful Longevity". Un concept fort, martelé haut et fort par Jean-Michel Karam. L'idée ? Permettre de "vieillir sans s'effacer". La manière ? Utiliser la technologie et l'ultra personnalisation des soins pour "préserver la dignité et l'éclat à tout âge".

"Je l'ai dit à la télévision dans une phrase que tous les Français ont retenue : moi, je veux mourir beau. Pas dans le sens d'avoir de beaux traits, mais plutôt sans dégradation", affirme le dirigeant sans sourciller.

Lancé en 2020, le groupe a pris la forme d'une maison de marques, de services et d'expériences, activée par l'intelligence artificielle, la tech et la data.

Cinq ans après sa création, le groupe réalise 43 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel et s'est structuré autour de quatre piliers :

- IEVA Beauty : un portefeuille de marques premium (IOMA, IOMA-R, Care...) 100% made in France

- IEVA Tech : un arsenal de 25 brevets, incluant des outils de diagnostic cutané par IA et des objets connectés (bijoux mesurant le stress environnemental)

- IEVA Experience : un réseau de 130 points de vente physiques (L'Atelier du Sourcil, Le Boudoir du Regard)

- IEVA Media : une force de frappe communautaire avec My Little Paris (4 millions d'abonnés) qui pilote le storytelling et l'engagement

Le modèle "BaaS" : Beauty as a Service

S'inspirant du succès de Netflix, IEVA Group est parvenu à développer un modèle de revenus récurrents robuste : 55% du chiffre d'affaires est en effet généré directement par des abonnements. Le groupe propose un service d'hyperpersonnalisation qui combine personnalisation et logique d'abonnement appliqué à la beauté. Une organisation qui constitue une réelle aubaine pour le groupe : ce modèle lui permet d'être extrêmement frugal en besoin de fonds de roulement puisque la société encaisse les abonnements avant de livrer les produits, ce qui lui permet d'exhiber fièrement un BFR négatif.

Jean Michel Karam s'appuie aussi sur des indicateurs de fidélité rares pour le secteur : alors que la durée de vie moyenne d'un client dans les "box" classiques est de 2,5 mois, elle dépasse 11 mois chez IEVA. Un succès qui, selon l'entrepreneur, serait notamment dû à la qualité supérieure de ses produits, avec une concentration en ingrédients de 25% contre parfois 5% chez ses concurrents.

Le groupe propose trois types d'abonnements à sa clientèle composée à 90% de femmes : My Little Box, Gambettes Box et MyIEVA. Cette dernière marque étant clairement "le porte-drapeau du groupe".

"Avec MyIEVA, vous pouvez télécharger une appli, faire un diagnostic par IA et recevoir chez vous un coffret correspondant à l'ensemble de vos besoins, que ce soit le soin, le visage, la peau, le capillaire ou le maquillage", souligne le dirigeant. D'autres solutions permettent aussi de recevoir un bijou connecté qui mesure le stress environnemental de l'utilisateur : humidité, température, pollution, UV, bruit...

"Et c'est à partir de là que votre coffret devient personnalisé, non seulement par rapport à vous, mais aussi à votre manière de vivre, à votre lifestyle. Avec MyIEVA, nous poussons également beaucoup de contenu, et même des programmes liés au sport", ajoute-t-il. Des solutions qui ont fait des émules avec 1,1 million de box livrées en 2025.

Pour l'heure, le groupe réalise près de 80% de son chiffre d'affaires en France mais le dirigeant, ambitieux, commence de plus en plus régulièrement à laisser trainer son regard outre-Atlantique.

"Je connais bien les États-Unis, mais c'est un peu comme un ring : il ne faut pas y aller avant de s'entraîner, de se muscler et de faire tout le nécessaire." Le dirigeant envisage une arrivée sur le marché US "autour de 2027", probablement via une acquisition. "L'idée c'est de s'appuyer sur une structure existante et d'y déployer progressivement notre offre", explique en substance le dirigeant.

En attendant, le groupe continue de fourbir ses armes. En 2025, l'EBITDA est ressorti à -1,4 MEUR et le groupe compte bien passer dans le vert dès l'an prochain. Et vise même un doublement de son chiffre d'affaires d'ici 2028.

"L'élément le plus important, c'est que nous avons 10,8 millions d'euros en cash. Et même si nous retirons tous nos endettements, nous restons en positif avec 5,4 MEUR de trésorerie nette", martèle le dirigeant qui explique ainsi pourquoi le groupe ne cherche à lever "que" 8 MEUR via son introduction sur Euronext Growth.

Une stratégie de croissance externe agressive

Avec un track record de 4 acquisitions en 5 ans (dont le rachat stratégique de My Little Paris à TF1 et de la marque IOMA à Unilever), IEVA Group compte utilise la Bourse comme un levier pour intensifier sa politique de M&A. "Cela signifie que nous pourrons soit acheter plus de sociétés, soit acquérir des entreprises de plus grande taille. Nous allons intensifier cela après l'introduction en Bourse. Et évidemment, accélérer la croissance interne en valorisant les synergies entre les différents piliers du groupe et optimiser les leviers opérationnels."

L'autre enjeu de cette introduction est aussi de pouvoir doter la société d'une "monnaie d'échange" (le titre coté) pour acquérir des cibles plus importantes et mettre le pied chez l'Oncle Sam.

Modalités de l'introduction en Bourse

Marché : Euronext Growth Paris

Prix de l'action : 12,79 EUR, valorisant le groupe environ 127 millions d'euros post-money

Montant de la levée : environ 8 millions d'euros

Actionnariat : Bpifrance sécurise l'opération à hauteur de 3 millions d'euros (38%) de l'enveloppe et a déjà manifesté son intention de doubler sa position dans les 12 mois.- Actionnariat historique : TF1 (25%), Crédit Mutuel Innovation (24%) et Unilever (8,5%) restent au capital avec des engagements de conservation (lock-up) de 6 mois.

Calendrier de l'offre :

Clôture de l'offre : 25 mars 2026

Début des négociations : 31 mars 2026

Les plus

- Profil rare : une société de croissance qui maîtrise toute la chaîne de valeur, de la technologie (IA/data) à la prestation de service physique, en passant par le média.

- Passage à la rentabilité attendu dès cette année

- Soutien massif de Bpifrance et d'investisseurs institutionnels, des signaux rassurants

- Profil "fabless", qui permet plus d'agilité et une structure de coûts plus légère

- Organisation par abonnement, qui réduit le BFR

Les moins

- Marché du luxe et de la beauté très concurrentiel

- Flottant faible (-6%)

- EBITDA négatif

- Stratégie M&A incertaine

- Clientèle peu diversifiée

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