Le financement et la mise en œuvre seront au cœur des discussions lors de la COP30

Publié le 7 novembre 2025 à 10h38

Johann Plé    Temps de lecture 3 minutes

Le financement et la mise en œuvre seront au cœur des discussions lors de la COP30. En espérant que cela encouragera une utilisation accrue des instruments de financement climatique axés sur des solutions concrètes, à l’image des obligations vertes. Les obligations vertes sont un instrument efficace dans le contexte actuel, car elles offrent la transparence nécessaire pour suivre la contribution, la réalisation et l’atteinte des objectifs mondiaux tout en attirant et en mobilisant les capitaux du secteur privé pour compléter les financements publics.

Les obligations vertes font partie des outils nécessaires pour atteindre les engagements pris lors de la COP28 :

  • Les pays se sont engagés à tripler la capacité de production d’énergies renouvelables d'ici 2030 et à doubler le taux annuel d'amélioration de l'efficacité énergétique jusqu'en 2030.
  • Les pays ont également adopté une résolution visant à prendre des mesures pour « sortir des énergies fossiles » (plus précisément, « dans les systèmes énergétiques, de manière juste, ordonnée et équitable, en accélérant l'action au cours de cette décennie cruciale, afin d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 »).

Si le marché des obligations vertes a connu une croissance impressionnante au cours de la dernière décennie, sous l'impulsion de l'accord de Paris, les négociations relatives au changement climatique nous rappellent que d'importants écarts de financement persistent et que ce type d’instrument financier peut contribuer à les combler.

Il est important de noter que les obligations vertes ne se limitent pas uniquement aux énergies renouvelables, à l'efficacité énergétique ou à la décarbonation : elles contribuent également à financer des solutions à des thèmes plus larges qui sont au cœur des préoccupations publiques.

L'adaptation au changement climatique, par exemple, sera un thème important de la COP30, reflétant l'insuffisance des progrès réalisés dans ce domaine. Bien qu'il s'agisse encore d'une catégorie relativement niche au sein des obligations vertes, représentant généralement 2 à 3 % de l'allocation globale des projets, nous pensons qu'il existe un potentiel inexploité évident pour financer davantage de projets liés à la résilience. Les obligations vertes peuvent servir de vecteur pour orienter les capitaux privés vers les marchés émergents, qui sont au cœur des enjeux en matière de résilience.

En fonction des ambitions et des objectifs fixés lors de la COP30, nous pourrions voir émerger davantage de projets d'infrastructures d'adaptation, notamment en matière de résilience côtière et de protection contre les inondations. Ceux-ci pourraient être financés par des obligations vertes souveraines ou supranationales.

La nature et la biodiversité sont d’autres domaines clés dans lesquels les obligations vertes peuvent contribuer au financement de projets, notamment en matière d’agriculture durable, de reboisement et de conservation.

Johann Plé senior portfolio manager ,  AXA IM – part of BNP Paribas Group

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