Comment analysez-vous l’évolution du marché des ETF actifs en Europe ?
Marlene Hassine Konqui, directrice générale associée BSD Investing : Nous observons un basculement stratégique en faveur des ETF actifs, de la part des investisseurs comme des sociétés de gestion. Les données de marché sous-estiment toutefois cet intérêt : les encours des ETF actifs UCITS progressent sensiblement, mais ne couvrent que les stratégies discrétionnaires. Or, la définition doit être plus large et intégrer smart beta, sectoriels ou thématiques… C’est d’ailleurs la position de l’ESMA. Les encours et leur croissance sont donc plus élevés. Les flux doivent aussi être lus à l’aune du contexte : dans des marchés incertains et volatils, les ETF passifs sont recommandés ; dans un environnement plus lisible, fondé sur les fondamentaux, les stratégies actives et notamment les ETF actifs permettent des positions de conviction. Les gestions actives et passives sont donc complémentaires.
Qu’en est-il en France ?
La France avançait prudemment, mais la tendance s’inverse nettement grâce à deux décisions majeures de l’AMF en 2024 : l’autorisation de cotation des ETF actifs en février et le régime de semi-transparence en juin, précurseur en Europe. Ces mesures lèvent un verrou juridique et un frein opérationnel, ouvrant la voie à une offre crédible et distribuable dans l’Hexagone. Les initiatives se multiplient et plusieurs maisons, notamment traditionnelles, se positionnent pour répondre à la concurrence des acteurs du passif et à l’intérêt croissant des investisseurs, notamment des plus jeunes. En effet, selon une étude de l’AMF[i], plus d’un tiers des investisseurs de moins de 45 ans ont choisi les ETF pour leur première transaction.
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Le blog de Henriette Le Mintier et Guillaume Fradin