Marchés

Entretien avec Jeremy Touboul, co-fondateur de Lior Global Partners "L'inflation n'est pas transitoire"

Publié le 15 septembre 2021 à 10h31

  AOF

(AOF) - Le gestionnaire d’actifs LIOR Global Partners entre sur le marché français. D’après Jeremy Touboul, son CIO et cofondateur, précédemment associé et gérant de fonds chez H2O AM jusqu’en septembre 2019, la stratégie Global Macro est particulièrement opportune pour saisir les opportunités générées par le grand retour de l’inflation.

 

Pourquoi lancer aujourd'hui une société de gestion Global Macro ?

Je suis un gérant spécialisé dans l'approche Macro depuis une vingtaine d'années. Cette expérience m'a permis de constater que chaque sortie de crise, qui plus est lorsqu'elle est aussi violente que celle du Covid, génère des opportunités susceptibles de créer de la valeur au cours d'une période comprise entre 5 et 6 ans.

Nous pensons que les politiques monétaires ultra-accommodantes des banques centrales ont ravivé l'inflation sur le long terme, ce qui va conduire à un changement majeur de la corrélation entre les actions et les obligations.

Depuis plusieurs années, ces deux actifs évoluent dans le même sens, mais le rebond inéluctable des taux va rendre négative cette corrélation. Jamais autant de liquidités n'ont été injectées depuis l'après-guerre, cette abondance de capitaux aura nécessairement un impact radical dans les années à venir.

D'ores et déjà, on constate que les pouvoirs publics redoublent d'efforts pour orienter cet argent dans des investissements considérés comme " plus durables " pour la planète.

Que pensez-vous de l'évolution récente de la communication de la Fed et de la BCE ?

Pour l'instant, les banques centrales se contentent de tirer à blanc. Leurs actions ne coûtent rien dans le sens où elles ne modifient pas le fonctionnement des marchés.

Mais, aux Etats-Unis, l'annonce du " tapering " devrait créer de la volatilité. D'autant que nous sommes convaincus que l'inflation américaine, malgré un léger ralentissement cet été, n'est pas transitoire mais bien ancrée dans une perspective de long terme, la hausse des salaires en témoigne. Cette accélération des prix s'explique également par des soucis au sein de la " supply chain ". Or ce genre de dysfonctionnements ne se règle pas à coup de liquidités.

Comment devraient réagir les actions et les obligations au cours des prochains mois ?

Nous pensons que les obligations vont souffrir, raison pour laquelle nous sommes " short duration ". Sur les actions, nous privilégions les actions " value " qui devraient mieux résister tout comme le secteur financier, lourdement affecté par la crise. L'indice financier européen, qui s'établissait à 120 fin 2019 est tombé à 50 en mars 2020 avant de rebondir, mais pas complètement. Ainsi, il ne dépasse toujours pas les 100 aujourd'hui. Nous apprécions les assureurs qui proposent de solides dividendes.

En termes de zones géographiques, nous allons vivre une période de croissance synchronisée. Dès lors, il faut éviter les Etats-Unis qui ont nettement surperformé, au profit des autres régions, Europe et Asie notamment.

Plus globalement, il faut s'intéresser aux secteurs liés à la reflation, soit à la hausse des prix et de l'activité, comme l'immobilier, les actifs réels.

En quoi votre approche ESG est-t-elle différente de toutes les autres ?

Pour commencer, toutes les sociétés de gestion sont obligées de s'y mettre. Celles qui ne le font pas vont souffrir puis disparaître. Tout le marché veut un investissement responsable aujourd'hui en Europe !

Concrètement, nous avons installé des filtres d'exclusion pour la sélection de notre premier fonds grâce aux données de Sustainalytics. Nous essayons d'adopter une approche macroéconomique en intégrant les critères ESG tant sur les actions, le crédit, que sur la dette souveraine.

Preuve de notre attachement à l'ESG : nous reversons 10% de nos bénéfices à des œuvres caritatives, créant un réel impact dans la société qui les entoure.

Comment intégrez-vous l'ESG dans l'investissement dans les devises ?

Les devises ne sont pas considérées comme des actifs financiers et donc ne sont pas intégrées dans le processus ESG.

Il n'y a donc que les obligations souveraines, les actions et le crédit qui rentrent dans ce processus ESG. C'est une première pour un fonds UCITS Macro d’intégrer ces trois classes.

Propos recueillis par Pierre-Jean Lepagnot

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