Malgré la probabilité accrue d'un scénario le plus pessimiste - où des sanctions sévères à l'encontre de la Russie impactent le secteur énergétique -, pour le moment, les sanctions ont été étroitement ciblées afin de ne pas affecter directement les exportations russes de matières premières, constate Nadège Dufossé, responsable Multi-Asset chez Candriam.
Néanmoins, l'experte souligne que la crise retardera la normalisation des chaînes d'approvisionnement : l'Ukraine fournit plus de 90 % du néon de qualité destiné au secteur des semi-conducteurs aux États-Unis, tandis que près de 50 % du palladium, un métal rare également utilisé pour les semi-conducteurs, provient de Russie. Et les prix de l'énergie seront plus élevés que prévu il y a quelques mois.
" Certaines mesures budgétaires compensatoires devraient être mises en œuvre afin d'atténuer le choc ", note Nadège Dufossé. Par exemple, l'Italie a déjà approuvé un plan d'aide de 8 milliards d'euros pour les secteurs de l'énergie et de l'automobile, tandis que l'Allemagne s'est engagée à augmenter ses dépenses de défense.
" Si les tensions sur le marché de l'énergie ne se détériorent pas significativement, la croissance du PIB de la zone euro pourrait encore être supérieure à 3,5 % en 2022, mais les risques sont orientés à la baisse ", avance l'experte.
Compte tenu du niveau élevé de l'inflation, la tâche de la banque centrale va s'apparenter à un numéro d'équilibriste délicat, mais aux vues des risques pesant sur la croissance, la BCE devrait être plus prudente dans le changement de ton monétaire, conclut Nadège Dufossé.