Allocation

High yield mondial : le portage prend le relais en 2026 (Neuberger Berman)

Publié le 26 janvier 2026 à 16h22

  AOF

(AOF) - Al Cattermole, gérant de portefeuille pour Mirabaud Asset Management livre ses perspectives 2026 pour le secteur du High yield mondial. "Après deux années de solides performances, le marché mondial du high yield aborde 2026 à un moment charnière. La récession largement anticipée en 2023–2024 ne s’est finalement pas matérialisée : la consommation américaine est restée résiliente, le cycle d’investissement lié à l’IA s’est accéléré, et les premières baisses de taux amorcées fin 2024 ont permis un atterrissage en douceur", explique t-il.

Ces facteurs ont entraîné un resserrement significatif des spreads entre 2023 et 2025, ramenant les valorisations vers leur bas de fourchette post-crise. Autrement dit, une grande partie des risques baissiers précédemment redoutés est désormais intégrée dans les prix.

Dans ce contexte, l'opportunité actuelle repose moins sur un potentiel de resserrement supplémentaire des spreads que sur la solidité du portage. Si les spreads sont historiquement resserrés, les rendements globaux demeurent attractifs, les taux souverains n'ayant pas reculé aussi rapidement que prévu. Les émissions réalisées au cours des deux dernières années l'ont été à des niveaux de coupon nettement plus élevés, reconstituant une source de rendement significatif pour les investisseurs.

"Dans ce contexte, la performance du high yield devrait essentiellement provenir du portage, les perspectives de variations significatives des spreads apparaissant limitées, avec un potentiel de rendement total à un chiffre moyen à élevé si l'environnement macroéconomique reste favorable", souligne Al Cattermole.

En outre, l'analyste fait savoir que "les perspectives à moyen terme dépendent de la nature de l'atterrissage en douceur observé : s'agit-il du point de départ d'un nouveau cycle ou de la phase terminale du précédent".

"Notre scénario central reste constructif. Les politiques monétaire et budgétaire devraient soutenir la croissance américaine et mondiale en 2026–2027. Les conditions financières restent relativement souples, les taux d'intérêt ont nettement reculé, et les secteurs typiques du high yield, notamment les entreprises industrielles et de services, devraient être en mesure d'évoluer dans un environnement de croissance modérée mais stable", signale t-il.

Ce scénario comporte néanmoins deux risques principaux, poursuit-il. Le premier est celui d'une relance tardive. Les marchés du travail montrent des signes de ralentissement et les effets des politiques économiques se manifestent avec retard. Si l'activité venait à se dégrader davantage et que la probabilité de récession augmentait, les spreads high yield pourraient s'écarter sensiblement.

A l'inverse, une relance excessive pourrait raviver les pressions inflationnistes. A l'approche des échéances politiques aux Etats-Unis, et face à des programmes de dépenses nécessitant des conditions de financement plus favorables, la pression en faveur de nouvelles baisses de taux est forte. Toutefois, si l'inflation reste durablement élevée, le cycle de baisse des taux pourrait être moins ample que prévu, maintenant le high yield dans une fourchette étroite, avec une performance essentiellement liée au portage.

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