Sept sociétés de gestion indépendantes, BDL Capital Management, Carmignac, CIAM, Comgest, Edmond de Rothschild Asset Management, IVO Capital et Moneta devaient rendre public ce 22 avril leur rapport intitulé « La gestion active, levier de surperformance, de souveraineté financière européenne et de protection des épargnants ». « Cette initiative a pour objectif de rappeler aux autorités européennes les apports de la gestion active pour le dynamisme des places boursières européennes, le dialogue actionnarial et la souveraineté européenne », commentent Bertrand Merveille, directeur général BDL Capital Management et Sidney Oury, cofondateur d’IVO Capital Partners.
L’enjeu : ralentir le rouleau compresseur des ETF, principal vecteur de la gestion dite passive, qui a vu ses encours multipliés par 6, à 2 718 Md€. Ces ETF représentent à présent plus de 20 % des fonds ouverts distribués en Europe, ceux-ci ayant presque doublé, à 13 257 Md€, selon les données de Morningstar. Mais ces ETF drainent l’épargne européenne vers les Etats-Unis et les Sept Magnifiques.
La publication de ce rapport intervient une semaine avant le vote au Parlement européen de la Retail Investment Strategy (RIS), un texte qui regroupe les réglementations européennes adoptées dans le but de protéger les investisseurs particuliers des frais indus, des conflits d’intérêts et des méventes.
Or, une partie de l’écosystème des sociétés de gestion indépendantes françaises se sent menacée face à l’essor de la gestion passive qui réplique des indices boursiers à moindre frais, car les produits chargés en frais et peu performants visés incluent notamment les fonds des petites valeurs européennes, une classe d’actifs coûteuse à gérer, et peu performante ces dernières années.
Les auteurs appellent donc à distinguer les résultats entre les gestions actives qui le sont vraiment et celles qui restent trop proches des indices. Les analyses économétriques montrent en effet que plus la gestion s’écarte des benchmarks, plus les chances de générer une surperformance sont fortes. Dans la gestion actions, le seuil est fixé à 70 % de gestion active sur le portefeuille (active share), et lorsqu’il passe la barre de 80 % de gestion vraiment active, la création de valeur s’établit à + 0,70 % annualisé sur certains fonds actions, conclut le rapport. Dans la gestion obligataire, l’écart par rapport à l’indice de référence (IC Broad market total return de la zone d’investissement) est encore plus probant : les fonds obligataires diversifiés actifs surperforment dans 76 % des cas en Europe contre 54 % aux Etats-Unis et 45 % dans le monde, et les fonds flexibles, respectivement dans 97 %, 87 % et 91 % des cas. n Aline Fauvarque
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