Le rebond de la croissance dans le courant de l’année 2021 s’accompagnera d’un retour de l’inflation, plus marqué aux Etats-Unis qu’en Europe. Si la plupart des économistes pensent que cette phase ne durera guère plus de six mois, des voix dissonantes sont convaincues d’une inflation plus pérenne. Dans tous les scénarios, les taux d’intérêt restent très bas.
Le chiffre n’a rien de faramineux dans l’absolu, mais il a marqué les esprits. L’inflation annuelle de janvier 2021 s’est portée à 0,9 % en zone euro, après cinq mois passés en territoire négatif. « Le rebond est très net, mais l’inflation reste encore très éloignée de l’objectif de 2 % qui figure dans le mandat de la BCE », rappelle John Plassard, spécialiste en investissement de Mirabaud.
Cette récente publication interpelle néanmoins, car elle intervient dans une période où les économistes affichent des vues divergentes sur le sujet. Une chose semble toutefois faire consensus : le deuxième semestre de cette année sera marqué par une hausse des prix. « Nous attendons un retour de l’inflation en 2021, plus fort aux Etats-Unis où il pourrait atteindre un pic de 3 % », précise Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM. Dans ses perspectives annuelles, Ostrum AM est plus modérée sur la zone euro. « En 2021, la reprise d’activité va renchérir le prix des services, mais les attentes d’inflation pour la zone euro ne peuvent aller au-delà de 1 % », statue la société de gestion.
Des effets de base favorables
Plusieurs éléments expliquent ces tensions sur les prix. « Le principal, c’est la pression à la hausse du prix des matières premières, et en particulier de l’énergie. Nous allons assister à un rebond cyclique de l’économie, mais les capacités de production pétrolière et de gaz seront limitées dans un premier temps », indique Frédéric Rollin. Or, en avril dernier, le prix du...