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Interview

« Les spreads français devraient poursuivre leur lente trajectoire haussière »

Publié le 11 septembre 2025 à 10h37

Catherine Rekik    Temps de lecture 6 minutes

L’instabilité de la vie politique française suscite des inquiétudes mais le risque de contagion demeure limité selon Kevin Thozet, membre du comité d’investissement, Carmignac. L’incertitude va peser sur une partie de la cote française sans pour autant remettre en cause le potentiel des actions européennes qui bénéficient de plusieurs facteurs de soutien tandis que la trajectoire de la croissance américaine fait partie des risques à surveiller dans les prochains mois.

Une nouvelle période d’instabilité politique s’ouvre en France. Doit-on craindre une dégradation de la note de la dette française ? Avec quelles conséquences pour les marchés ?

Le calendrier des agences de notation est en effet particulièrement chargé pour la dette française. Ces derniers temps les agences de notation ont été plus réactives et moins tolérantes, Fitch notamment qui sera la première à émettre un avis.

Les primes de risque françaises sont déjà proches de celles d’émetteurs européens dont la note de crédit est de BBB/BBB+. Sans aller jusque-là, les décisions des agences de notation pourraient conduire à une dégradation de la note de la France si aucun plan de consolidation budgétaire crédible n’était mis en œuvre, en raison de pressions sociales ou d’une opposition politique persistante.

C’est que la France connaît des problèmes budgétaires plus importants que ses pairs : dette élevée, ajustements nécessaires et incapacité récurrente à réduire les dépenses, taux d'imposition supérieur au point optimal de la courbe de Laffer.

L’incertitude persistante freine les projets d’investissement comme les dépenses de consommation, tandis que les intentions d’embauche reculent et que les ménages accroissent leur épargne. Dans un contexte où la consommation reste historiquement le principal moteur de l’économie française, la persistance des turbulences politiques renforce le risque de ralentissement.

Si nous considérons que le risque de contagion demeure limité, nous estimons que les spreads français devraient poursuivre leur lente trajectoire haussière. Avant la dissolution de 2024, 50 bps étaient la règle, aujourd’hui, compte tenu de la situation, 70-80 bps constituent la nouvelle norme.

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