De nombreuses SCPI, des produits de rendement présentés comme sûrs, sont engluées dans une sévère crise de liquidité. Faute de moyens pour racheter les parts en attente de cession, elles ont commencé à engager des mesures de plus en plus radicales jusqu’à leur transformations de capital variable en capital fixe. La profession demande aussi une évolution réglementaire.
Aux grands maux, les grands remèdes. La crise de l’immobilier précipitée par la fin de la politique de taux bas de la banque centrale européenne (BCE) n’en finit pas d’ébranler le marché des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI). Après avoir déçu par leurs performances, une partie de ces produits de pierre papier créés dans les années 1970 à destination des particuliers fait face à une crise de liquidité qui rappelle celle de 2008. Les plus en difficulté sont les grandes SCPI historiques investies sur les bureaux et distribuées dans les réseaux bancaires. Leur statut de SCPI à capital variable très majoritaire sur le marché (voir encadré) se trouve de nouveau au cœur du problème, puisqu’elles sont à court de liquidités pour racheter les parts présentées par les associés désireux de sortir.
L’heure est venue de se rendre à l’évidence, seule une mesure radicale peut rétablir les flux : passer à capital fixe en suspendant temporairement la variabilité du capital. Cette opération permet de détruire d’un coup les files d’attente encombrées de demandes de retrait et d’organiser un marché secondaire régi par la loi de l’offre et la demande. Les ordres de vente et d’achat sont alors réunis par la SCPI pour établir un prix d’équilibre : celui où le plus de transactions peuvent être réalisées. « Les baisses de prix ne seront plus contrôlées par les sociétés de gestion et seront violentes », anticipe Daniel Collignon, l’ancien directeur général de Spirica, aujourd’hui président de l’Apeci, un think tank spécialisé sur les produits d’investissement.
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