Si les tensions géopolitiques hantent la planète, les valorisations des géants de l’intelligence artificielle restent au cœur des préoccupations des gérants d’actifs.
« Le boom de l’IA se poursuivra », a affirmé Fabian Hürzeler, président de Swiss Life Asset Managers France, à l’occasion de la présentation de ses perspectives économiques pour l’année 2026. Pour autant, Denis Lehman, directeur de la gestion d’actifs valeurs mobilières et membre du Directoire de Swiss Life AM en France, n’élude pas les risques d’accident : « à un moment ou un autre, la rupture de l’innovation va faire disparaître de gros dinosaures. » Si le modèle de gestion quantitative de la société s’inscrit « plutôt en retrait et en prudence » sur le secteur, il n’est pas question de couper la branche pour le moment : « C’est le dilemme du prisonnier : qui sortira le premier ? Nous avons l’impression de revenir dans la période 1999-2000. Mais sortir trop tôt, c’est compliqué », reconnaît Denis Lehman.
D’autres gérants se montrent plus confiants : « Nous ne voyons pas de bulle se former », affirme de son côté Karen Kharmandarian, directeur de la gestion actions thématique de Mirova depuis l’intégration de la société Thematics AM qu’il présidait, dans Mirova. La filiale de Natixis IM, qui vise à présent le top cinq mondial de la gestion thématique, voit l’IA comme une des thématiques structurantes pour les marchés.
Pas question non plus de se passer de l’IA pour Varenne Capital Partners, mais en prenant des précautions. Ce gérant de quatre fonds de gestion active (2,3 Md€ sous gestion) concentre ses couvertures (un peu moins de 1,5 % des actifs de ses fonds) sur l’IA, à travers trois catégories : la première sur le Nasdaq, la seconde sur le Nasdaq et les taux courts, la troisième sur le Nasdaq et le dollar. « L’IA est le dénominateur commun des risques de marché », justifie David Mellul, directeur général de Varenne Capital Partners.
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