Performance sur la durée et moindre volatilité par rapport aux indices confèrent aux stratégies axées sur les dividendes une place de choix dans les portefeuilles.
1140 milliards de dollars ! C’est le montant record des dividendes mondiaux versés au 1er semestre, selon une étude réalisée par Capital Group. Le montant des coupons distribués durant cette période a augmenté de 7,7 %. Une bonne nouvelle si, comme le gérant d’actifs américain, on considère que dans un environnement dominé par l’incertitude géopolitique, les tensions douanières et les phases alternées de volatilité, « les entreprises qui versent des dividendes et démontrent leur capacité à les faire croître durablement offrent de la stabilité aux portefeuilles ». Parmi les secteurs traditionnellement généreux envers les actionnaires, le secteur financier a vu ses dividendes augmenter de 9,2 % sur un an au 1er semestre, avec une forte croissance dans toutes les régions. L’étude réalisée par Capital Group met aussi en avant certaines nouveautés : « plusieurs grandes valeurs technologiques qui n’avaient jamais versé de dividendes ont commencé à en distribuer en 2024, et figurent désormais parmi les plus gros payeurs au monde ». Sur le plan géographique, « le Japon, qui fut longtemps un marché à faibles dividendes, est devenu cette année l’un des principaux moteurs mondiaux de la croissance des dividendes ».
Un réel succès des gestions actives
Parce que les versements de dividendes contribuent à la performance des actions, dans des proportions plus ou moins importantes selon les marchés, certains gérants en ont fait une thématique d’investissement encapsulée dans des fonds dédiés à la sélection d’entreprises versant des coupons réguliers. « L’offre est dominée par les fonds gérés activement et seuls 10 % des actifs sont logés dans des fonds passifs, une part de marché assez faible comparée à d’autres catégories. Le marché est aussi très concentré sur quelques gros fonds proposés par DWS, JP Morgan AM, Fidelity, etc. », indique Mathieu Caquineau, responsable de la recherche sur les fonds actions chez Morningstar. Des approches passives existent – notamment aux Etats-Unis – mais elles ont une faiblesse : « elles suivent généralement des règles de construction assez mécaniques qui vont favoriser les dividendes élevés sans porter d’attention particulière à la soutenabilité de ces dividendes. Or, un rendement du dividende élevé peut aussi indiquer une faiblesse du cours de Bourse et des problèmes sous-jacents ». En gestion active, l’analyse qualitative du bilan de la société et de sa capacité à générer des free cash-flows va faire la différence. Les fonds actifs se distinguent aussi par une meilleure diversification alors que les ETF sur la thématique du dividende vont avoir des biais sectoriels marqués. Par ailleurs, certaines stratégies actives ont des portefeuilles très concentrés, entre 35 et 40 valeurs, et une tracking error importante. D’autres ont une approche plus diversifiée pour éviter de prendre du risque sur une baisse du dividende ou un arrêt de la distribution.
Autre atout des fonds actifs : le baromètre actifs/passifs de Morningstar montre que, dans la catégorie global equity income, plus d’un tiers des fonds gérés activement surperforment les gestions passives. En comparaison, sur les actions internationales sans biais dividende, on est à 5 % de taux de succès !
« Ce qui est également intéressant avec ces fonds, c’est qu’ils ont tendance à lisser la performance et à atténuer la volatilité des marchés actions », souligne Mathieu Caquineau. Moins de volatilité se traduit aussi par une performance moins importante sur la durée. Mais, « ces fonds ont tendance à mieux résister en cas de choc de marché et sont destinés à être en cœur de portefeuille. Ils présentent un réel intérêt pour les investisseurs qui ont une certaine aversion au risque ».
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