Les ETF battent des records d’encours et attirent de nouveaux entrants. Le poids de la gestion passive n’a cessé de croître aux Etats-Unis, mais aussi en Europe où le développement s’accélère. Ils restent cependant peu utilisés dans la distribution intermédiée, notamment par les CGP, et encore faiblement représentés dans les contrats d’assurance-vie. Or, en dehors des frais attractifs, les ETF ne manquent pas d’atouts et l’offre est en constante évolution. Comment s’est développée la gestion passive en France ces dernières années ? Comment évolue l’offre ? Comment la gestion passive s’adapte-t-elle à la demande croissante pour des produits ISR ? Quelles sont les dernières innovations ? Qu’est-ce qu’un ETF géré activement ? Comment expliquer l’engouement pour ces produits ? Ce relais de croissance peut-il séduire la distribution intermédiée, voire le retail directement ? Quels sont les atouts des ETF dans une allocation d’actifs ? Quels sont les facteurs qui peuvent favoriser l’essor des ETF auprès de la distribution intermédiée ?
- Comment s’est développé le marché des ETF en France ces dernières années ? Quelles sont les spécificités de ce marché ? Est-il comparable aux autres marchés européens ?
- Les rétrocessions sont-elles le seul frein à l’utilisation des ETF par les CGP ?
- Dans quelle optique utilisent-ils les ETF ? Uniquement pour prendre des positions tactiques ?
- Est-il plus facile de choisir un ETF qu’un fonds géré activement ?
- La bataille sur les frais entre fournisseurs d’ETF est-elle terminée ?
- Comment définissez-vous un ETF actif ?
- En dehors de l’essor des ETF gérés activement, quelles sont les dernières innovations ?
- En synthèse de ces échanges, êtes-vous confiants sur le potentiel de croissance des ETF auprès de la clientèle retail intermédiée ?
De gauche à droite (photos ©Esther Baron) :
- Jérémy Tubiana, responsable du développement ETF & solutions indicielles France, Belgique, Luxembourg, Monaco et Suisse francophone, BNPP AM
- Guy Parent, responsable France, Vanguard
- Ludovic Djebali, directeur State Street Global Advisors France et responsable SPDR ETF France Belgique Luxembourg
- Jean-François Bay, directeur général, Quantalys
- Olivier Paquier, responsable mondial des ventes ETF, AXA IM
Comment s’est développé le marché des ETF en France ces dernières années ? Quelles sont les spécificités de ce marché ? Est-il comparable aux autres marchés européens ?
Jean-François Bay - Au niveau mondial, le poids des ETF représente aujourd’hui 33 % des actifs gérés contre 7 % en 2000. Sur la base des chiffres de Quantalys pour l’Europe, les ETF représentent 14 % de l’industrie des fonds distribués contre 6 % il y a dix ans. La dynamique de croissance se poursuit. En ce qui concerne les flux, l’année 2022 a été particulière pour l’industrie en général, qui a souffert d’un effet marché négatif et de la décollecte. Cependant, les ETF ont continué à collecter en Europe en 2022 et la tendance se poursuit en 2023. A fin avril, la collecte s’élève à 57 milliards d’euros pour les ETF et à 15 milliards pour les fonds actifs. Les ETF continuent donc de prendre des parts de marché dans le monde et en Europe.
Jérémy Tubiana - Ce gain de parts de marché s’explique par un élargissement de la base de clients. Rappelons les statistiques : aux Etats-Unis, 50 % des encours ETF sont détenus par des investisseurs particuliers alors qu’en Europe, les institutionnels en détenaient 90 % jusqu’à récemment. La part de 10 % détenue par la clientèle retail tend à se développer. C’est déjà le cas dans les pays qui ont interdit les rétrocessions, comme le Royaume-Uni. Et la tendance se confirme clairement en Allemagne ou en France. Plusieurs raisons l’expliquent : le système de retraite évolue, les livrets d’épargne traditionnels ont été longtemps peu rémunérateurs et leurs taux actuels ne protègent toujours pas contre l’inflation et, enfin une nouvelle génération...